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Face à la marginalisation - Une situation sanitaire catastrophique
Si aujourd’hui, on peut dire que la majorité des sièges de communes se sont équipés d’une salle de soins. Deux hôpitaux, à Boumalne Dadès et à Kelaât Mgouna, ailleurs, on rencontre soit des centres de santé, dispensaires, soit des salles de soins, mais dépourvues de médicaments, d’équipements suffisant et de personnel qualifié. A Imi Oulaoune, par exemple, le centre n’est équipé ni par eau ni par électricité. Toutes les hautes vallées sont encore desservies par des infirmiers itinérants qui font porte à porte, à pieds ou à dos de mulet. La dispersion de l’habitat, le caractère encore transhumant d’une tranche de la population, les difficultés d’accès, le manque d’équipements adéquats au niveau des centres de santé, forme autant d’éléments qui rendent ces institutions inopérantes. Les malades ne cherchent à se soigner que quant ils atteignent un stade critique. Transportés à dos de mulets depuis les hautes vallées, par une topographie très accidentée, les malades, même torturés, doivent se patienter durant deux jours avant d’arriver au bout des premières pistes. Les cas d’accouchements difficiles, d’accidentés qui meurent au cours de route sont fréquents. L’expérience de l’infirmier itinérant à pieds, à dos de mulet et durant des semaines pour donner des soins à domicile, si elle est louable, donne plus l’aspect d’un acte folklorique que celui d’une activité sérieuse. Pour la réussite d’une telle entreprise, les moqadems et les cheikhs se mobilisent, mais, pour combien du temps et contre quoi ? Ce genre d’intervention pose aussi des questions d’ordre pratique : quelle est la quantité et la nature des médicaments à transporter, comment la conserver ? Où fallait-il, à qui fallait-il les administrer et dans quelles conditions? C’est un problème de droit des hommes, de dignité qui est bafoué.
A ces questions et encore d’autres, l’expérience entamée dans le cadre de Projet du Haut Atlas Central a semblé donner des éléments de réponse. Il s’agit d’un programme de formation des personnes autochtones et dans des domaines variés (santé, agriculture, gestion de l’eau potable…). Outre la sensibilisation dans des domaines variés, la santé communautaire est mise en avant. Dans ce sens le Projet a lancé un programme de formation des accoucheuses traditionnelles et des agents communautaires de santé, entamé au début des années 90. Il
visait la formation d’une femme et d’un homme par douars enclavés dans toutes les hautes vallées d’Assif Mgoun. Ces agents formés intensivement aux premiers soins pendant 15 jours, reçoivent une trousse de médicaments et doivent jouer le rôle de sensibilisateurs, orienteurs plus qu’autre chose.. L’initiative était prometteuse, mais elle s’est éteinte au berceau avec la clôture du Projet. En attendant le désenclavent, il serait sans doute louable de coordonner les efforts du projet avec ceux de ce Ministère pour une amélioration des conditions de santé humaine.
Extrait d’une étude réalisée pour le compte du projet Transhumance & Biodiversité par :Mr Mohamed AIT HAMZA, Enseignant Chercheur à la Faculté des Lettres de Rabat
Date de création : 24/11/2009 - 01:27 Réactions à cet article
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Si aujourd’hui, on peut dire que la majorité des sièges de communes se sont équipés d’une salle de soins. Deux hôpitaux, à Boumalne Dadès et à Kelaât Mgouna, ailleurs, on rencontre soit des centres de santé, dispensaires, soit des salles de soins, mais dépourvues de médicaments, d’équipements suffisant et de personnel qualifié. A Imi Oulaoune, par exemple, le centre n’est équipé ni par eau ni par électricité. Toutes les hautes vallées sont encore desservies par des infirmiers itinérants qui font porte à porte, à pieds ou à dos de mulet. La dispersion de l’habitat, le caractère encore transhumant d’une tranche de la population, les difficultés d’accès, le manque d’équipements adéquats au niveau des centres de santé, forme autant d’éléments qui rendent ces institutions inopérantes. Les malades ne cherchent à se soigner que quant ils atteignent un stade critique. Transportés à dos de mulets depuis les hautes vallées, par une topographie très accidentée, les malades, même torturés, doivent se patienter durant deux jours avant d’arriver au bout des premières pistes. Les cas d’accouchements difficiles, d’accidentés qui meurent au cours de route sont fréquents. L’expérience de l’infirmier itinérant à pieds, à dos de mulet et durant des semaines pour donner des soins à domicile, si elle est louable, donne plus l’aspect d’un acte folklorique que celui d’une activité sérieuse. Pour la réussite d’une telle entreprise, les moqadems et les cheikhs se mobilisent, mais, pour combien du temps et contre quoi ? 




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