للتواصل معنا : contact@dades-infos.com
أخر تحديث : jeudi 6 avril 2017 - 10:29

Dades Moyen et problématique du foncier

Mohamed AIT HAMZA

Le territoire constitue l’assiette sur laquelle se réalisent les activités humaines d’une communauté. Sa configuration et celle des composantes ethniques qui l’occupent, sont le résultat d’un processus historique de longues dates. Il est donc sujet à un processus continu et rapide de mutations en fonction de ce qu’il reçoit comme impulsions sociopolitiques, économiques et environnementales.
Dans les oasis sud-atlasiques, le déterminisme imposé par les contraintes géographiques imprègne fortement le territoire. Les péripéties de la géologie, du relief, du climat et de l’hydrographie forment autant de facteurs qui imposent leurs lois à la population. L’homme s’est donc ingénié pour inventer des formes d’adaptation en termes de gestion des ressources et d’exploitation des potentialités. L’adoption, l’adaptation et l’exploitation durable des ressources fragiles, forment même l’essence du secret des civilisations oasiennes. Civilisations qui, avec l’accroissement rapide de la population, l’effritement des traditionnelles institutions de gestion et la régression des ressources, arrivent à leurs limites.
L’Oued Dades prend ses sources dans le Haut- Atlas oriental en coulant dans la direction Nord-Est / Sud Ouest pour former le Draâ avec Oued Imini. Le Dades a un régime très irrégulier marqué par des pics en hiver et au printemps et des étiages profonds en été. Sa vallée, généralement très étroite, n’est relativement large qu’en amont de M’Semrir et entre Boumalne et la fraction des Ait Yahia sise à la confluence avec l’Assif Mgoun.
La population se concentre sur les espaces arables pour y cultiver les quelques terrasses abandonnées par le cours d’eau. Les terres de culture sont constamment disputées aux violentes inondations de l’Oued et des torrents latéraux qui l’alimentent. Les surfaces agricoles utiles, irriguées, ne dépassent guère 1,4% de la superficie totale des différentes communes (0,2 à Ait Sedrate n’Assawen, 0,7 à Ait Youl, 3,4 à Ait Sedrate n’Louta et 4,7 à Kemiss Dades) et le nombre d’habitants par hectare cultivé dépasse 30,71.
Le Moyen Dades est occupé, d’amont vers l’aval, par 3 grands principaux groupes ethniques: les Ait Sedrate, les Ait Atta et les Ait Dades. Si les Ait Dades se regroupent autour du Souk Khmis Dades, les Ait Sedrates sont fractionnés entre ceux de la montagne (Ait Sedrate n’Assawen) et ceux de la plaine (Ait Sedrate n’Louta)2. Ces trois groupes constituent une masse de population d’environ 79298 habitants en 2014, alors qu’elle n’était que environ 37506 en 1971 (soit un croît net de 47,3%3. Le taux de natalité, malgré la relative régression reste très fort. Il maintient avec l’immigration le fort taux d’accroissement4.
La complémentarité, longtemps recherchée entre les terres de parcours et celles orientées vers l’agriculture était à l’origine de formes d’installation des populations. Ainsi, la bande verte entourant les cours d’eau était et reste la plus convoitée. Elle concentre les plus grandes densités de populations. A l’exception de l’élevage extensif, toutes les activités s’exercent sur cette bande qui surplombe le lit de l’oued. Ici traditionnellement, les ksours, en hauteur, s’ils n’occupent pas le milieu des champs, s’allongent le long des berges pour bénéficier de la fraîcheur des champs et des eaux de l’oued.
Les tribus nomades ou transhumantes, à la quête des produits agricoles, des eaux d’abreuvage et des parcours s’organisaient pour les conquérir par force ou moyennant des pactes d’alliances avec les sédentaires. Les couloirs de transhumances sont gardés et protégés par des saints marabouts (Zaouit Oued Sfal, Zaouit Ait Sidi El Haj, Zaouit Sidi Dadoud,…)
La « pacification », l’installation de l’administration moderne a enclenché une forte dynamique du système :
La main mise de l’administration sur les zones forestières (Dahir du 10 octobre 1917) et les terres collectives (Dahir du 27 avril 1919), l’implantation des centres administratifs de Boumalne et El Kelaât, des équipements socioéconomiques de base (souks, écoles, salles de soins et siège de l’administration) et l’installation des casernes militaires, des champs de tir et des pistes d’atterrissage, dès la fin des années vingt du siècle dernier, ont totalement perturbé le système économique local basé sur l’activité agro-pastorale.  Il en découle une fixation des tribus et l’affaiblissement de leur pouvoir sur leur territoire;
L’élite locale liée au pouvoir (cheikh, khlifa), profitant de son statut, s’est éloignée du commun des populations pour dresser ses châtelets (kasbas ou tighremts), souvent près des nouvelles pistes, à l’écart des sites habituels des habitations;
Après l’indépendance, la migration nationale et internationale, outre les sécheresses ont encouragé de nombreuses familles à s’installer dans les centres. Ces derniers, élargis progressivement se transforment en municipalités urbaines tout en gardant leur morphologie rurale (découpage 1992). Statut qui leur a permis de s’accaparer des terrains et de les valoriser sous forme de lotissements. La route goudronnée (début des années 60), plus que l’eau de l’oued, devient l’élément structurant. Les terres traditionnellement irriguées, n’étant que rarement ouvertes à la spéculation, les dégâts causés par les inondations de l’oued (1965), les injections pécuniaires des émigrés ont donné coup de fouet à la reconstruction. La rive droite de l’oued, plus que la rive gauche défavorisée par son enclavement, en profite largement. Le fait d’appartenir à la communauté suffit pour avoir droit et accès au terrain de construction. La taille des lots, au départ, ne dépendait que des moyens disponibles pour l’occuper. Néanmoins, chaque douar se doit de n’occuper qu’une surface proportionnelle à sa taille démographique et à celle des droits d’eau dont il dispose. La dite portion est perpendiculaire au cours de l’Oued.
Avec les déplacements massifs des populations de la rive gauche vers la rive droite, avec l’arrivée des populations des montagnes environnantes (Saghro et Haut Atlas), la rareté des sites aptes à recevoir les habitations sur le front de la route, s’est fait sentir. Le collectif, traditionnellement réservé aux parcours, devient le théâtre des spéculations. Les personnes « visionnaires » s’accaparent de larges surfaces. La location pour de longues périodes apparait comme chemin d’accès pour les détenteurs de pouvoir. Les nouveaux exploitants y installent des cultures irriguées par pompage ou/et d’autres activités (projets touristiques, dépôts, ateliers…). Les litiges se multiplient entre les transhumants et les sédentaires, entre les soi-disant ayants droit, par appartenance ethnique, et les dits « berranis » ou « imezdaghs ».
Ainsi et afin d’éviter l’intrusion de l’autorité de tutelle dans ces affaires, plusieurs communautés ont départagé leurs biens collectifs. Selon une étude récente (Sabiri A. 2017), la surface totale bonifiée et transformée en fermes, avoisine les 900 ha. Les glacis de piémont sont les plus touchés ( Aguersif, Adag, Issil n’Ait Driss, Timghargharte…).
Avec la bonification de la route goudronnée reliant Boumalne à Ait Yahia, la rive gauche, jadis répulsive, gagne de l’attrait. Les lignes de contact entre les différentes tribus et entre les différentes localités connaissent des affrontements continus. Les autorités de la tutelle, par souci de maîtrise de l’espace se doivent d’intervenir pour réglementer ces entreprises où les chocs ne manquent pas (affrontement du 18-20 mars au Dour Ait Mehdi – Tesselli)
Ainsi, si nous saluons vivement le dynamisme de cette société, qui malgré ses énormes handicapes, suit sa lutte pour survivre, on ne manque pas de remarquer que, sur le plan de l’aménagement, l’émergence de bandes d’habitations de plus de 30 km le long des routes, pose énormément de problèmes :
L’apparition des municipalités « rurales », sans citadins, pose de sérieux problème en terme d’application des lois d’urbanisme (impôts urbains, sans, contre partie) ;
Si les programmes de l’état (PAGER et PERG) ont permis la généralisation de l’eau potable et de l’électricité, ces nouveaux équipements, outre leur coût, ont augmenté la consommation en eau. La difficulté d’équiper les habitations en système d’évacuation des effluents, reste un vrai casse-tête. La collecte et surtout l’élimination des déchets solides et liquides, se pose avec acuité. Les nouvelles fermes sises sur le pompage risquent de porter préjudice à la nappe et par conséquent au système oasien;
Les longs boulevards conséquents de l’habitat allongés le long des routes, posent aussi le problème de positionnement des équipements socioéducatifs et économiques.
Le problème de la valorisation et du sort des terres collectives revient de nouveau en surface et avec insistance. Le débat national lancé, il y a deux ans, s’est arrêté sans en trancher.
Références sommaires
Ait Hamza M, 1992, « L’habitat dans le Dades et le rôle de l’émigration dans son évolution récente » In : La recherche scientifique au service de développement. Série Colloques et Séminaires, 22. Pp. 127-146. Pub. FLSH, Rabat.
Ait Hamza M, 1994, « Kelaât Mgouna, est il un centre ; réflexion méthodologiques » In : Mutations socio-spatiales dans les campagnes marocaines. Bencherifa et Ait Hamza (éd), pp. 73-83, Série Colloques et Séminaires, 28. Pub. FLSH, Rabat.
Ait Hamza M, 2015, « Mobilité socio-spatiale et développement locale au sud de l’Atlas (Dades-Todgha). Ed. IRCAM, Rabat.
Direction de l’Urbanisme, 2013, Schéma d’Aménagement Urbain des vallées du Dades-Todgha. Cabinet Begdouri, Rabat.
صابري ابوبكر 2017: التعمير والتنمية المستدامة بالمجالات الواحية… حالة دادس الأوسط. دكتوراة في الجغرافية. كلية الاداب فاس –سايس.

تنبيه: ما ينشر في موقع دادس-أنفو، يعبر عن رأي كاتبه، ولا يعبر بالضرورة عن رأي إدارة الموقع

أضـف تـعـلـيق 1 تـعـلـيـقـات



ان موقع "دادس أنفو" الالكتروني يحتفظ بحقه في نشر او عدم نشر اي تعليق لا يستوفي شروط النشر ويشير الى ان كل ما يندرج ضمن تعليقات القرّاء لا يعبّر بأي شكل من الأشكال عن آراء اسرة الموقع وهي تلزم بمضمونها كاتبها حصرياً. شروط النشر: موقع "دادس أنفو" يشجّع قرّاءه على المساهمة والنقاش الجاد وابداء الرأي وذلك ضمن الاطار الأخلاقي الراقي بحيث لا يسمح بالشتائم أو التجريح الشخصي أو التشهير. كما لا يسمح بكتابات بذيئة او اباحية او مهينة كما لا تسمح بالمسّ بالمعتقدات الدينية او المقدسات.

  • 1
    dadsaise says:

    les ait dades ou ahl dades se sont les habitants actuels de la comune de boumalne dades et celle de khmis dades.
    Le dades se compose de quatres fraction principales qui sont les suivantes:
    -ait ichrahil
    -ait tislet
    -ait hammou
    – iourtguine
    ils exitent encore trois fractions des origines attaouis pursqui sont:-ait mouted(ait oullal de boumalne)
    -ait ounir
    – ait ouallal de dades
    NB:ait ouallal et ait tislet sont integrés dans la fration des ait hammou depuis l interventions des glaouas depuis les années 20
    NB:la fraction des ait mouted est intégrée dans la commune d ait youl depuis 1992.
    NB:ichrahil et ait ounir appartiennent a la municipalité de boumalne.
    ait hammou et ourtiguine appartiennent a la commune de lkhmis.